Pérégrinations Philosophales - Carnet de voyage 2017

** Les premières pérégrinations **

Actualité :

La première pérégrination est actuellement mise en avant sur la page Facebook correspondante.
Pour suivre au jour le jour les sorties des extraits qui seront ajoutés ici, vous pouvez suivre ce lien :
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 - Extrait n°1 : "Le vol d'oiseau"

 - Extrait n°2 : Habitat groupé de la ferme de la Grande Grayette

 - Extrait n°3 : Habitat groupé de Lathuy

 - Extrait n°4 : Tempo D'Eole

 - Extrait n°5 : Le déluge et la libération

 - Extrait n°6 : La cense equi voque

 - Extrait n°7 : L'habitat groupé de Huy

 

 

 


Extrait n°1: "Le vol d'oiseau"

 
Nous sommes donc partis.
Le premier mai 2017, nous quittions Bruxelles par la forêt de Soignes, côte à côte Le Poilu et moi, à pied et à sabots.
Voici le récit, (par étapes) de ce fabuleux voyage. ;)
 
 * AVENTURE #1: le vol d’oiseau…
 
Évidemment, un tel périple ne pouvait commencer sans une aventure…
Ayant pris du retard dans nos préparatifs, Le Poilu et moi avons quitté Bruxelles bien plus tard que prévu initialement. Notre départ était prévu pour midi, mais nous ne sommes partis que passé 16 heures.
Hormis ce retard, nous nous heurtâmes tout de suite à un autre problème : l’évaluation farfelue de la durée de nos trajets.
 
Afin d’organiser au mieux notre périple, j’avais besoin de pouvoir connaître la distance entre nos différentes étapes, pour prévenir nos hôtes de nos heures d’arrivée et gérer nos efforts tout au long de la route.
Souhaitant respecter jusque dans les petits détails les idéaux de nos Pérégrinations Philosophales, j’avais utilisé les services d’un logiciel libre qui, je ne m’en suis rendu compte qu’une fois en route, avait calculé toutes nos distances à vol d’oiseau...
Cette décision idéaliste ( un tantinet irréfléchie ) nous poursuivit durant tout le trajet, nous amenant souvent dans des situations incroyables.
 
Bien plus tard, j’ai ri de cette « décision idéaliste »… en réalisant que j’aurais tout de même pu utiliser un logiciel plus « mainstream », puisque nos tribulations étaient diffusées quasiment au jour le jour via Facebook…
Il était 22h, le 1er mai 2017 et nous avions encore une dizaine de kilomètres à faire avant d’atteindre notre première étape : la Ferme de la grande Grayette.
Nous avancions en moyenne à 5 kilomètres par heure. Il nous restait donc deux heures de route à pied.
 
Quand tout à coup, la petite voix d'Adeline (notre hôte à la Grayette) , transportée par les ondes téléphonique, me dit : « Justement notre copain Olivier est chez nous.. Il a des chevaux et un van, il peut venir à ta rencontre et vous amener ici.. »
Cruel dilemme.. Je triche, ou je fais les 10 derniers km en 2h et j arrive dans le noir quand tout le monde dort?
Hé bien.. pour bien commencer l’aventure… J’ai triché !!

 


 

Extrait n°2 - JOUR #1 : Habitat groupé de la Ferme de la Grande Grayette, Beauvechain

 
25 Kilomètres parcourus depuis le départ, à pied et à sabots. ( ... dont 10, salvateurs, à moteur... Merci Olivier!! ;) )
 
Habitat groupé de la Ferme de la Grande Grayette, Beauvechain.
 
Chèvres, nourriture maison, espace de vie, poules, nature et plombier perdu..
<3 Et puis.. le pur et merveilleux bonheur de voir mon Poilu m’accueillir, le naseau frémissant, de l’herbe jusqu'aux genoux, tout fumant de rosée sous le soleil du petit matin… <3
Merci à Xavier, Delphine, Vincent, Adeline Van Hoof, Camille et Simon (et Capucine) pour leur gentillesse et pour nous avoir, si chaleureusement, accueilli dans leur magnifique lieu de vie.
 
Infos :
Il y a là bas un grand potager, un élevage de chèvres (et une fromagerie), une grange pour le foin et pour organiser des fêtes, un four à pain, un puits, des ateliers, des poules, des chiens, un chat, des souris, un plombier perdu et une jolie vue sur la campagne. <3
Les habitants de la Grande Grayette se sont organisés pour vivre en quasi autarcie alimentaire et organisent régulièrement des événements tels que résidences artistiques, marchés fermiers, mini festivals et concerts... Passez les voir! ;)
 
Lien:

 

 


 

Extrait n°3 - JOUR #2, Pause de midi : Habitat groupé de Lathuy

On Da Road#1 : La pluie?? Pfff! Un détail, en k-way!
 
Avant de quitter la Grande Grayette, en publiant quelques photos de nos aventures sur le groupe « Pérégrinations Philosophales », je reçus le chouette message de Bernadette, de l’habitat groupé de Lathuy.
 
Je ne la connaissais pas encore, mais touchée par le projet, elle m’invitait à passer chez elle. Je connaissais déjà le délicieux fromage qui portait le nom de son lieu de vie ( le Doré de Lathuy).. Des gens fabriquant une telle merveille ne pouvaient être que géniaux !
 
J’avais prévu d’arriver le soir à l’étape suivante, chez la Cie Tempo d’Eole, à Jauchelette. Lathuy était quasiment sur la route. Je décidai donc d’y faire halte et de rencontrer Bernadette.
 
N’ayant pas son numéro de téléphone, je lui répondis via facebook ( espérant qu’elle se connecte avant mon arrivée) puis nous prîmes la route.
 
Arrivés sur place, tout était vide. Une belle ferme de briques rouges en carré, blottie dans un petit bois feuillu, une grille en fer forgée ouverte.. Des yourtes et des roulottes dans la prairie derrière.. Tout était désert.
 
La fromagerie avait l’air fermée. Bernadette Jamar n’avait pas du lire mon message avant de s’en aller. J’ai su plus tard que nous nous étions ratées de quelques minutes.
 
J’ouvris les fontes de la selle et en sortis mon dîner et celui du Poilu.
 
Peut être vous demanderez vous pourquoi il portait une selle, alors que j’avais prévu de faire la route à ses côtés et non pas sur son dos ? En effet, je souhaitais que mon cheval, durant ce projet merveilleux, soit mon partenaire de voyage et non pas mon animal de bât ou mon moyen de transport.
 
En route, d'un point de vue logistique, le transport du matériel ( personnel, de camping, de soin du cheval et de spectacle) restait un point épineux de l'organisation. Même si je restreignais tout au maximum, comment faire pour le transférer d'un lieu à l'autre? J’ai alors pensé : « Pourquoi ne pas tout simplement proposer aux habitants du lieu que nous quittons de les conduire, le soir, à la prochaine étape ? Ce qui permettrait à chaque habitant d'un point de rencontrer les habitants du lieu précédent et du lieu suivant. Créer du lien.. Le premier pas vers un réseau alternatif ! » Et Abracadabra ! Ce qui fut dit… Fut fait. ;)
 
Il nous fallait malgré tout avoir quelques choses légères, sur la route. Du matériel de premier secours pour Le Poilu et moi, de l’eau et notre repas de midi, le carnet de voyage et 1 stylo, une carte IGN, une boussole et nos K ways. J’ai donc décidé de poser sur son dos une selle conçue pour la randonnée ( typé western), bien plus confortable pour lui, en voyage, que ma selle classique, afin d’y fixer des fontes et notre matériel minimum.
 
Et puis surtout, cette selle allait nous procurer à tous les deux le plaisir merveilleux de grands galops à bride abattue à travers la campagne, dans des champs à perte de vue, les bras en croix, galopant et riant à gorge déployée, l’âme flottant en liberté… Car pour un cheval tel que lui, né en liberté dans les grande plaines sauvages du Larzac, rien n’est plus grisant qu’une folle et libre galopade.
 
Retournons à notre récit.. En mangeant, j’écrivis un mot à l’attention de Bernadette, que je glissai dans le volet de sa fenêtre.
 
Nous allions partir quand soudain, je vis du mouvement derrière une proche fenêtre, puis le nez d’un gros chien chevelu se coller à la vitre d’un air éberlué... J’imagine qu’apercevoir un cheval en k-way déjeuner dans son jardin doit être pour le moins déroutant ! ;)
 
C’est comme ça que j’ai rencontré Vanessa, la voisine de Bernadette, chez qui nous avons pu nous abriter de la pluie et nous réchauffer, Le Poilu et moi.
 
Une tisane mêlée de discussions passionnées plus tard, au sujet du sens de nos existences et des bienfaits d’une vie dans la nature, nous reprîmes la route en direction de notre prochaine étape : Jauchelette, où nous attendait de pied ferme la compagnie Tempo d’Éole.
 

  


 

Extrait n°4 - JOUR #2 : La Compagnie Tempo D'Eole, Jauchelette

** 37 Kilomètres parcourus depuis le départ, à pied et à sabots. ( ... dont 10, salvateurs, à moteur ;-) ). **

Tempo d Eole: Un cirque, un vrai... Avec tout.. : L’ homme fort avec un accent russe ( OOOh !! Mettez lui un costume léopard! Et de grosses altères en plastique dans les mains !! S' il vous plaiiit!), le chapiteau de cirque acheté à un gitan roublard, les caravanes peintes de toutes les couleurs, la roulotte dans le fond du jardin, les copains saltimbanques, les enfants aux grands yeux noirs qui distribuent des pubs avant les spectacles... ( « Mais en faux, ce n’est pas vraiment nos enfants, parce que quand même...On fait du spectacle!» )

Généreux, sympathiques, adorables et tous un peu fous.. Les « Tempo’s » nous ont accueilli à bras ouvert dans leur écurie-lieu-de-vie-et-de-création.

Merci mille fois à Hélène, Mathias, Gaspard, Loriane, Christophe, Lucas et Margot pour ces grands éclats de rire, pour avoir porté mon cheval dans la douche, ( alors qu’il se posait de très sérieuses questions sur le bien fondé de se mouiller les poils et se campait bien fermement sur ses positions et ses 4 sabots) , pour votre table, pour vos histoires, pour les trolls philosophiques jusqu’ à 2h du matin, pour le lit perché, le gratin d orties, les rencontres pataphoniques et les connections théâtrales..

À bientôt mes amis !

Infos :

La compagnie Tempo d'Eole est un collectif d'artistes passionnés de chevaux, réunis autour d'un projet commun. C'est aussi un lieu unique en Belgique, entièrement dédié à la création de spectacles équestres. Un lieu d'échange, de formation et de résidences qui permet à différentes disciplines et à différentes générations de se croiser autour du cheval.

--> Contact de la Cie : Site Web - Facebook

 

 


 

Extrait n°5 - AVENTURE #2 : Le déluge et la libération.

Je retire ce que j ai dit... Non, la pluie n est pas " qu’ un détail en k-way"... Sur le plateau vide, plat et industriel d' Hannut... J’ ai vu, avec la peur terrible des marins en mer, un énorme orage arriver droit sur nous.. Les éoliennes disparaître l' une après l' autre dans la noirceur électrique.
 
Rien où s’ abriter sous ce ciel et sur ces champs à perte de vue.. Des trombes d’ eau ont envahi l’ espace. Je tremblais plus d’effroi que de froid. Racrapotés l’un contre l’autre, Le Poilu et moi avancions courbés dans la boue du bas côté, fouettés par les gerbes d’eau des roues des automobilistes et les trombes du ciel.
 
Jusqu' au moment où... n’en pouvant plus, j ai sauté en selle ( moi qui voulais marcher tout le voyage, j’ai triché, encore une fois ! Mais c’était, littéralement, le galop ou la noyade!) pensant pouvoir échapper aux gouttes…
 
Et c’est à ce moment là que j’ai, enfin, apprécié l’orage.
Passionnément.
Au grand galop, bride abattue à travers champs.
 
Les sabots du Poilu projetaient des gerbes d’eau brunâtres et des mottes de terre flasque sur le sol détrempé. Son encolure horizontale, ses muscles tendus, ses épaules déployées jetaient ses longues jambes loin en avant, de plus en plus vite.
 
Nous galopions avec rage, nous débattant avec les éléments. La vitesse et la pluie arrachaient nos affaires que je retenais tant bien que mal de gestes désordonnés. Le k-way du Poilu s’est déchiré, les fontes de la selle s’envolaient. Mon capuchon s’arrachait. Cheveux et crins collés par la tempête, nous étions trempés jusqu’ aux os.
 
Puis subitement, tout est devenu loufoque.
Un rire immense, suivi d’ un incommensurable plaisir monta en nous et m’ envahit.
 
Un plaisir que seuls peuvent comprendre ceux qui, eux aussi, le plus souvent possible, lâchent la bride de leur cheval et galopent comme des dératés, se laissant emporter par cette joie pure, simple et animale, par ce fabuleux cadeau que leur fait leur cheval en leur permettant de galoper sur et avec eux.
 
… « Le cheval est à l’homme ce que les ailes sont à l’oiseau »...
 
Les bras en croix, j’ai hurlé de toutes mes forces dans la pluie noire, le visage giflé par l’eau battante.
Merveilleux moment où ce déluge a lavé nos faiblesses, nos peurs et nos sombres angoisses …
Après cela, plus rien de mal ne pouvait nous arriver durant ce périple!
 
Et très simplement, métaphoriquement, tout cela m’expliquait comment traverser les épreuves de ma vie future.
 
Jamais, je ne pourrai oublier ça.
 
À la fin des champs immenses, pour éviter de trop fouiller dans nos sacs et que ma carte routière ne devienne de la boue, ( aux grands maux...) j ai allumé Albert ( le smartphone au nom illustre ) pour nous laisser guider par son système gps.
Tricher.. De nouveau.. Évidemment, je n’aurais pas du !
 
Il nous fit faire un détour de plus de 10 km en me conduisant " route de Huy", certes... Mais à Waremme et non pas à Lens St Rémy. Dix kilomètres de détour… Deux heures de marche sous des trombes d’eau.
 
Le temps de revenir sur nos pas, un deuxième orage nous fondit sur le râble. Le petit frère du premier.. Pas moins fort, simplement moins long..
 
Pour couronner le tout, comme tout smartphone de 2017 qui se respecte, Albert est finalement tombé en panne de batterie. Nous étions penauds, trempés et perdus.
 
Voyant une étable au loin, nous nous y dirigeâmes et c’est tout dégoulinants que nous sommes allés chercher de l’aide et de la chaleur sous son toit.
 
" Lens St Remy? Mais mademoiselle.. Ce n est pas du tout par ici! Vous êtes à 1h et demi de marche, vous savez!" me répondirent les fermiers éberlués d’un accent roucoulant.
 
Et hop! On ze road again!! Finalement trempés, mais joyeux et goguenards ("Mais dans quoi nous sommes nous encore fourrés?!"), suivant un plan approximatif sur une feuille trempée qui fondait petit à petit entre mes doigts, nous sommes enfin arrivés chez Fabienne Delcorps, La merveilleuse magicienne de Cense Equi Voc ...
 
Note pour plus tard: Rien ne vaut la boussole et la carte. À bas les smartphones et leur technologie de pacotille !
 
Note pour plus tard bis: PLASTIFIER la carte!
 
 


 

Extrait n°6 - JOUR #3 : Cense Equi Voc, Lens St Rémy

 
> 57 Kilomètres parcourus depuis le départ, à pied et à sabots. ( ... dont 10, salvateurs, à moteur ;) ).
 
Quel bonheur de faire halte chez Fabienne de Cense Equi Vox. Quel accueil! Quelle gentillesse! Et quelle mine incroyable d'informations et d'idées, aussi. " Coopérer, plutôt que lutter contre".. Mais oui! <3
Une des bases de la permaculture en Belgique, ce petit bout de Femme engagé, connecté et passionné !!
 
 
Merci pour m avoir attendu si tard avec un si bon repas!
Merci pour l’ accueil chaleureux au cava et le jardin pour le Poilu! ( Et pour avoir regardé, d'un œil amusé, ses exubérances jardinières!).
- Oh Fabienne ! C’est la catastrophe ! Le Poilu est dans les fraisiers !
- Attends.. Regarde.. Il ne mange que le chiendent ! On peut l’y laisser 5 minutes !
 
<3 Merci pour tout et pour tout ce qui viendra! <3
 
Et puis merci à toi Jean Louis, pour être aussi chouette, pour la visite guidée de votre fabuleux Eden, pour avoir fait héroïquement sécher mes chaussettes sur ton poêle et pour les délicieux radis!
J ai eu du mal, mais promis.. J ai partagé!
 

Infos et contacts :

Cense Equi Voc, lieu magique de vie, de rencontres et de formations est une ferme didactique en permaculture à Lens St Rémy.
 
 
 


 

Extrait n°7: JOUR #4: HABITAT GROUPE DE HUY

 
> 76 Kilomètres parcourus depuis le départ, à pied et à sabots. ( ... dont 10, salvateurs, à moteur ;) ).
 
Quel accueil nous avait réservé Diana et Walid Sfeir !
 
Une fois de plus, nous nous étions perdus, suivant des indications scabreuses dans une forêt touffue... ;)
 
Nous sommes arrivés tard, guidés par le plan d’un cavalier rencontré de l’autre côté de la forêt. Le temps d' installer Le Poilu dans le poulailler ( au grand étonnement des poules ! ) et d’étaler sur ses canons ( échauffés tout comme mes mollets par une grimpette forestière encore sans précédent au cours de notre périple) l’argile grasse de leur jardin, nous nous sommes retrouvés autour de la table dans la chaleur de leur maison de terre-paille et de bois.
 
Deux esprits libres, Diana et Wallid !
Montrant à leurs enfants sans jamais le leur imposer un des chemin vers la liberté.
 
Voyageurs sans frontière, partisans d une éducation nouvelle et non dogmatique, leur érudition non scolaire nous emmena dans une discussion foisonnant de références, de notes en bas de page, de récits de voyages et d’école buissonnière.
 
Merci, du fond du cœur, pour votre merveilleux accueil. Pour votre générosité. Pour m avoir fait découvrir de nouvelles saveurs si délicieuses du Liban et de Roumanie, de nouvelles plantes qui soignent et des remèdes des campagnes.
 
Merci pour ces contes sauvages, racontés l’ œil brillant. Pour ces chants roumains si vibrants, pour ces petits cadeaux emportés en partant ; les tisanes et les gouttes de sorcière pour le Poilu et moi. Merci pour être revenu nous voir en spectacle deux jours après… Et encore plus tard.
 
Toute prise par la rencontre, j en ai oublié de prendre des photos.. Hormis cette vue de ma chambre, au petit matin.
À bientôt mes amis. Je laisse un petit morceau de mon cœur chez vous <3